Concensus autour de la réforme des collectivités

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Des élus de droite pris entre leur rôle de soutien à l’exécutif et leur crainte de voir leur rôle d’élu local diminué
 
Si la levée de bouclier est totale à gauche, les élus de droite éprouvent plus de difficulté à faire entendre leur critique du fait de leur position d’élus de la majorité.
 
Pourtant il est [...]

Des élus de droite pris entre leur rôle de soutien à l’exécutif et leur crainte de voir leur rôle d’élu local diminué

 

Si la levée de bouclier est totale à gauche, les élus de droite éprouvent plus de difficulté à faire entendre leur critique du fait de leur position d’élus de la majorité.

 

Pourtant il est difficile pour certains d’accepter d’être, du fait de leur appartenance au groupe majoritaire, à l’origine de l’augmentation des dépenses publiques (avec notamment la suppression de la taxe professionnelle), alors que la plupart des élus sont pour une réduction des services publics au niveau national.

 

Surtout, ils sont beaucoup à faire part de leur sentiment d’être mal reconnus dans leur fonction d’élus locaux. En effet, ils se sentent dénigrés, stigmatisés par le gouvernement. Ils ont l’impression que cette réforme est une forme d’accusation : ils coûtent trop cher, ils sont trop nombreux, ils ne sont pas assez efficaces, d’où l’idée de supprimer l’échelon départemental ou encore de créer de grandes métropoles. J.F. Copé s’oppose ainsi au gouvernement en expliquant que « ce n’est pas possible et pas acceptable de prendre comme postulat de départ que si on réforme, c’est parce que, ici et là, ce sont les élus locaux qui font mal leur boulot », « on mérite plus de respect » (NOUVELOBS.COM | 18.11.2009 | 18:58), « tout n’est pas de la faute des maires » (L’Humanité, 18.11.09). De même Jean-Pierre Grand, député-maire UMP, s’insurge : « il faut qu’ils arrêtent (Brice Hortefeux et co.) Ils devraient nous rendre hommage, au lieu de venir nous expliquer comment ils vont nous couper la tête. » François Baroin, conseiller politique de l’UMP et maire de Troyes, parle quant à lui d’une « réforme poujadiste », d’ « une prise de décision solitaire du Président de la République » contre les élus.

 

Leur position est d’autant plus dure à tenir que s’ils ne sont pas forcément en accord avec les grandes orientations de la réforme, ils se sentent obligés de ne pas trahir leur exécutif en critiquant trop ouvertement la réforme.

 

Cependant certains élus de droite n’ont pas hésité à critiquer la réforme, reprenant souvent des arguments développer à gauche. Ainsi Hervé Gaymard, Président UMP du CG de Savoie a déclaré que le mode de scrutin des conseillers territoriaux « affaiblirait la légitimité démocratique des futurs élus ». De même, Philippe Adnot, Président du CG de l’Aube juge que c’est « l’avenir de nos institutions et le bien-être de nos concitoyens qui est en cause ».

Face à l’impopularité de cette réforme, certains se permettent même de créer un coup médiatique : ainsi, les sénateurs, menés par JP Raffarin, qui déclaraient s’opposer à la suppression de la taxe professionnelle, l’ont finalement voté sans problème samedi.

 

A droite, si les critiques sont discrètes, les soutiens à la réforme sont eux quasi-inexistant dans les médias. Brice Hortefeux a donc décidé de créer une « task force », un groupe de 16 élus UMP chargés d’expliquer et de défendre la réforme sur le terrain. Le fait que ce soit le Ministre chargé de la réforme qui soit obligé de créer lui-même un groupe de soutien peut poser question.

 

 

 

 

 

 

L’ex-Premier ministre Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux, a jugé que le projet de la réforme territoriale du gouvernement est “encore très en retrait par rapport à ce qui était envisagé” et critiqué avec des mots très durs les modalités de suppression de la taxe professionnelle.

 

Ce n’est pas un bouleversement“, dit Alain Juppé dans un entretien avec le quotidien Sud Ouest publié mercredi, à propos du projet de réforme territoriale. “Mais c’est toujours pareil avec Sarkozy, on vous dit que c’est une rupture avec tout ce qu’on a fait par le passé… C’est une transition“, a-t-il ajouté.

 

Evoquant la suppression de la taxe professionnelle, versée par les entreprises au profit des collectivités locales, M. Juppé a affirmé que le gouvernement cherche la provocation“.

 

Le président Sarkozy avait promis une compensation euro par euro mais il avait oublié de dire pendant un an“, a-t-il dit. Résultat: dès la deuxième année, la communauté urbaine de Bordeaux perdrait, selon lui, “plusieurs millions. C’est tout de même se foutre du monde“.

Le maire de Bordeaux, qui prône une agglomération “puissante, avec un vrai exécutif communautaire“, estime que “le transfert des compétences du département à l’agglo semble remis en cause“, tandis que “tout ce qui devait réaffirmer la primauté de la métropole sur la commune a du plomb dans l’aile“.

Pour M. Juppé, l’élection de conseillers territoriaux siégeant à la fois au département et à la région “sera un changement très profond justifié par deux motifs : le premier, quelque peu démagogique, est de diminuer le nombre d’élus; ce qui fait toujours plaisir. Le deuxième est d’amorcer le rapprochement entre la collectivité régionale et la collectivité départementale. Mais beaucoup dépendra de la loi électorale” qui, selon lui, “n’est prévue nulle part“.